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Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale

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Etre plus sarkozyen que Sarko

Guy-M--quet.JPG   Le devoir de mémoire ne se décrète pas : il se perpétue.
  
Il appartient à chacun d'entre nous de ne pas oublier les horreurs dont l'homme peut être capable et de faire en sorte que les générations montantes en prennent conscience. 
   Pour leur part, les enseignants, les historiens en particulier, oeuvrent dans ce sens depuis des décennies. J'ai pu en être le témoin en tant qu'élève de l'après-guerre - époque où de surcroît on pouvait encore côtoyer des victimes rescapées du premier conflit mondial : amputés, gueules-cassées... - puis comme professeur, durant toute ma carrière. Je peux attester du fait que nos jeunes collègues, même nés bien après la "période sombre", en ont acquis une conscience telle qu'ils continuent à oeuvrer dans ce sens.
   Le fait de décréter que, tel jour, à telle heure il faudra lire tel texte d'un Résistant est une absurdité. Je ne reviendrai pas sur les jugements judicieux qui tendent à montrer que le procédé s'appuie sur l'émotion collective pour servir des intérêts peut-être peu avouables... Toujours est-il que la manoeuvre est habile. Qu'un président - de droite comme de gauche - ravive de temps à autre la mémoire collective, quoi de plus légitime ? Mais qu'un président de droite s'appuie sur la lettre d'un jeune Résistant communiste... cela relève du grand art !

   Il serait malvenu qu'un Français lui conteste ce droit. Et qui plus est, s'il est de gauche, il s'expose à l'opprobre générale.
   Eh bien ! c'est ça, l'ouverture sarkozyenne...
   Désormais, il faut s'attendre en permanence à des coups médiatiques de ce genre.
   Dans l'affaire de la lettre de Guy Môquet, ma première réaction aurait probablement été celle du SNES, si j'étais encore en activité. Mais avec un peu de recul, je trouve que celle des collègues du lycée du Blanc-Mesnil est la bonne. En faisant de ce lundi 22 octobre une journée dédiée à la Résistance, ils ont pris à contre-pied l'initiative présidentielle dont l'objectif unique était de plonger l'opposition dans l'embarras.
   A l'avenir, sachons en tirer la leçon. 
   Le moyen le plus sûr de contrer les pièges de Sarkozy est peut-être de surenchérir sur ses initiatives.
   Christian LEBLANC

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