Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale
Le "coup de gueule" de Christian Proust, hier au Conseil Général, qualifié "d'ultimatum au P.S." par un quotidien régional a lieu d'étonner bien des observateurs.
A quoi rime cet apparent divorce au Conseil Général en cette période de l'année ? L'échéance essentielle d'une assemblée, le vote du budget, est proche. A cette époque de l'année, les orientations et les masses ont été définies e; commun et ne sont pas loin d'être arrêtées.L'attitude des élus du MRC ne peut donc avoir d'incidences sérieuses, sauf à ce qu'ils renient leurs engagements. Et s'ils venaient à persister, ce pourrait être pour eux un magistral sabordage. Car les Socialistes auraient beau jeu de prouver alors que la dissidence de leurs alliés n'a rien de politique au sens noble du terme.
A l'appui de sa décision, Christian PROUST, tête de file des élus du MRC, évoque "une nouvelle stratégie politique" du PS qui, à l'en croire, lorgnerait sur l'électorat du MoDem. Dans l'immédiat, rien ne vient à l'appui de cette théorie. Généralement, on appelle cela un procès d'intention. Il établit ensuite un habile distingo entre l'électorat socialiste et "une poignée d'aigris et d'esprits chagrins qui imposent leurs rancoeurs et leurs petites ambitions aux électeurs..." Que voilà une phrase qui exprime parfaitement le contraire de ce que voudrait prouver son auteur. Le linguiste, qui s'attache au registre et à la portée de chaque mot, ne me contredira pas. Le MRC soupçonne les Socialistes de vouloir (peut-être) sacrifier les intérêts de ses électeurs naturels à ceux des centristes... CQFD : on ne scie pas la branche sur laquelle on se tient...
Enfin, qui adopte une attitude hégémonique et suicidaire ?
Ne serait-ce pas ceux qui refusent un compromis intelligent et qui va dans le sens de l'intérêt de chacune des parties, et surtout celui des Belfortains ?
D'une part, au plan des Municipales, le MRC se raidit dans ses positions. Ses élus s'agrippent aux places qu'ils occupent. Son maire refuse de partager les responsabilités . Bref, il rame dans le sens contraire de l'Histoire. Quitte à perdre de ses prérogatives, il semble préférer que la gauche dans son ensemble sombre dans le néant.
De l'autre, l'Alliance autour de Bruno KERN revendique la tête de liste à Belfort, s'appuyant pour cela sur la représentativité respective de chacun. Mais elle concède la direction de la CAB au candidat que désignera le MRC. Elle entérine le principe d'une juste représentation de chacune des formations politiques et conserve leur place à celles qui voudront la rejoindre.
Qui, des uns ou des autres nourrit de vaines ambitions et semble s'arimer à ses petits acquis ?
Quant aux propos tenus à l'égard de ses partenaires par le président d'honneur du MRC, il ne faut y voir que miel et que douceurs...
Personne ne sera dupe.
Il est temps, pour les dirigeants du MRC 90, d'ouvrir les yeux : la donne politique a changé. Une nouvelle ère se profile. Il s'agit d'un tournant pour Belfort, et ceux qui ne sauront pas le négocier risquent de se retrouver au fossé.