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Nicolas Sarkozy vient d'annoncer un train de 140 mesures, permettant d'économiser de sept à huit milliards d'euros brut à l'horizon 2011.
Selon Le Parisien, ce plan, qui s'ajoute aux mesures dévoilées par le gouvernement en décembre, sera suivi, mi-mai, d'un "nouveau tour de vis" sur les retraites et l'assurance maladie à l'occasion du troisième conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP).
Le chef de l'Etat a détaillé ces économies au terme du deuxième CMPP.
Il traduit dans la pratique des propositions issues de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), un vaste audit de l'action de l'Etat destiné à améliorer son efficacité tout en réduisant les dépenses.
Selon Les Echos, pour qui Nicolas Sarkozy choisit la "rationalisation plutôt que (la) rigueur", le montant net des économies générées serait de cinq milliards.
"L'Elysée et Matignon attendent des quelque 140 mesures annoncées sept milliards d'euros d'économies brutes, pas avant 2011", écrit le quotidien et sur ces sept milliards, 1,75 milliard "sera restitué aux fonctionnaires".
La Tribune chiffre le montant total des économies à "environ huit milliards" grâce à 150 mesures. "Les chiffres s'entendent avant restitution aux agents (de la Fonction publique) de la moitié des gains de productivité donc l'économie nette serait plus proche de 6,5 milliards que de huit milliards", écrit le journal.
Le Figaro souligne de son côté que "l'Elysée attend près de huit milliards brut d'économies en 2011 des décisions qui seront annoncées, un peu moins si on en rend une partie aux fonctionnaires"
LOGEMENT SOCIAL
"Près de la moitié (des économies) proviendra du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ce qui se traduira par 35.000 suppressions de postes l'an prochain, soit 12.000 de plus que cette année", calcule Le Parisien.
"Tous les ministères ne seront pas logés à la même enseigne", poursuit Les Echos. "Aucun ministère n'échappera à la réduction des effectifs" mais "pour autant, certains, comme l'Education nationale, devraient être plus préservés que d'autres".
Parmi les autres mesures, on note une réorganisation de certains services de l'Etat et des armées. "A terme plusieurs dizaines de milliers d'emplois devraient disparaître", selon Le Parisien. Les Echos évoquent également une rationalisation des services d'habillement des armées.
Sont également décidées la suppression des majorations de retraites de certains fonctionnaires installés outre-mer ou le recentrage de prestations comme l'aide au logement HLM.
"L'objectif est de recentrer le logement social sur les ménages les moins aisés" en baissant de 10% les plafonds de ressources ouvrant droit à l'obtention d'un HLM, ce qui ramènera à 60% la proportion des ménages susceptibles de bénéficier d'un logement social.
Certaines aides en faveur de la recherche vont être réservées aux entreprises de moins de 5.000 salariés et l'examen du permis de conduire va être rendu moins onéreux par un allègement du travail des examinateurs.
Après trois années d'amélioration, le déficit public de la France s'est aggravé de 7,7 milliards d'euros en 2007 à 50,3 milliards, soit 2,7% du produit intérieur brut alors que l'objectif du gouvernement était 2,4%, selon les chiffres officiels publiés le 28 mars.
Pour cette année, Paris promet un déficit ramené à 2,5% du PIB, une prévision en hausse par rapport à la précédente (2,3%) mais toujours jugée optimiste par nombre de conjoncturistes qui tablent sur un déficit de l'ordre de 3%, limite fixée par le Traité de Maastricht.
Le déficit public englobe les comptes de l'Etat, les organismes divers d'administration centrale (Odac), les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale (Sécu, Unedic, hôpitaux publics).
Le chef de l'Etat réfute le terme de politique de rigueur auquel il substitue celui de "réforme". Par de de ces aphorismes dont il a le secret, N. Sarkozy justifie ainsi les mesures qu'il vient de prendre : " Ce n'est pas les économies qui font la réforme, mais la réforme qui permettra des économies ". Comprenne qui pourra...
Un constat cependant : une des premières mesures prises par le gouvernement a été de faire un cadeau fiscal de près de 15 milliards d'euros aux Français les plus fortunés. Avec cette rigueur qui ne veut pas dire son nom, on voit bien qui devra payer.