Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale

Publicité

Un certain 13 août 1914…

Lorsque l'effroyable débuta, le 3 août 1914, le Sundgau fut en première ligne. Sur le front! Sur notre terre, à l'époque frontière entre la France et l'Empire allemand, tombèrent les premiers morts de la Grande Guerre de 1914-1918. Ce dimanche Montreux-Jeune, on se souviendra.

 

   Des prénoms, des noms, des croix blanches. «Morts pour la France». Le drapeau tricolore claque au vent. Ils reposent là, au bout du village de Chavannes-les-Grands. 20 ans? 25 ans? Quel âge avaient-ils à l'époque, ces «Pantalons rouges» lorsqu'ils trépassèrent, en terre d'Alsace, sans doute loin de chez eux, en ce jour d'été ou la guerre faucha leur jeunesse?

   C'était un certain 13 aout 1914, entre Magny, Montreux-Jeune et Chavannes-les-Grands. La guerre venait d'être déclarée, il y a dix jours a peine. Les Français étaient passés a l'offensive des les premiers jours du conflit. Quarante-quatre ans après l'annexion de l'Alsace et de la Moselle au Reich allemand, en 1970, les fantassins français étaient même parvenus, le 7 août 1914, à entrer triomphalement dans Mulhouse où la population les a accueillis chaleureusement.

 

   Mais la suite des événements allait briser l’optimisme des “Pantalons rouges”. Le 9 août, la contre-attaque allemande contraint les Français à se replier vers Dannemarie pour ne pas se couper de leur base arrière, Belfort. En cet endroit symbolique qu’est la frontière entre l’Allemagne et la Territoire de Belfort vont se dérouler de meurtriers combats.

 

Défendre « l’entrée en France »

 

   Le 11 août 1914 est créée l'Armée d'Alsace sous le commandement du général Pau. La 57e division, composée essentiellement de régiments de réserve de la place de Belfort doit alors défendre “l'entrée en France”, sur une ligne qui va de Foussemagne à Chavannes-les-Grands en passant par Montreux-Jeune et Bretagne. Le 12 août, en fin d'après-midi, les 22, et 24e compagnies du 235, régiment d'infanterie s'installent dans les bâtiments du moulin de la Caille* entre Magny et Montreux-Jeune. Le 260e régiment d'infanterie tient Chavannes-les-Grands. Le 13 août, les Allemands tentent une manœuvre de diversion en attaquant Bréchaumont et Chavannes-les-Grands, espérant ainsi s'ouvrir la route de Belfort. Mais ils sont repoussés. Les deux camps se font face. Parfois, 300 mètres à peine séparent les soldats. La bataille du moulin de la Caille* va commencer.

   Les Allemands attaquent le moulin. Les combats s'y déroulent au corps à corps. Les «poilus» défendent chaque mètre de terrain. Mais les 235ème RI et 260ème RI doivent finalement battre en retraite vers 18 heures. En revanche, le 243ème RI tient toujours Montreux-Vieux. Les Allemands occupent alors Montreux-Jeune. Mais quelques heures à peine, car ils craignent un retour des troupes françaises. Finalement, ils se retirent sur Dannemarie. Du côté des “Poilus”, l’essentiel est acquis, les « Boches » ne gagneront pas Belfort. Mais il en aura coûté le prix fort : 163 soldats tués. Ce sont les premières victimes d’un conflit que tout le monde à l’époque pense qu’il ne durera pas. Quatre ans plus tard, lorsque les cloches sonnent l’Armistice, le 11 novembre 1918, l’Europe en cendres pleure dix millions de morts.

Julien Steinhauser (extrait de l’article paru dans les DNA – 07/08/07)

 

* ou de “la Gaille” : des anciens de Montreux-Jeune et les spécialistes du patois comtois parlé dans le village jusque dans les années 60 préfèrent cette graphie. La “gaille” était les fripes qu’on venait laver dans la Suarcine en ce lieu-dit. La déformation phonologique viendrait de la prononciation parfois germanisante de certains habitants.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article