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A la veille de la réunion de son C.E. à Paris, le groupe PSA publie son bilan : une perte annoncée de 343 millions d'euros. Le président du directoire de Peugeot Citroën en profite pour annoncer une amplification de son "plan social" (ce qui - on le sait maintenant - signifie en langage politiquement correct : antisocial) : 11000 nouvelles suppressions d'emplois sous la forme de départs à la retraite ou sur la base du volontariat.
Cette nouvelle a quelque chose d'indécent.
Alors que N. Sarkozy vient juste de décider d'une aide de l'Etat en faveur du secteur automoble, soit un prêt de 3 milliards d'euros au bénéfice du seul PSA, à la condition que les entreprises renoncent aux délocalisations et aux licenciements.
Christian Streiff a beau s'en défendre, ce nouvel écrémage des effectifs de PSA a tout l'air d'une manière détournée d'échapper aux engagements pris par le groupe à l'égard de l'Etat.
La CGT dénonce "un maquillage légal" des chiffres. A en croire le syndicat, la perte de 343 millions d'euros en 2008 s'expliquerait par une provision de 917 millions dont 512 correspondant aux indemnités de licenciements qui seront versées aux employés de PSA et FAURECIA en 2009.
Le porte-parole de la CGT rappelle que le groupe a réalisé plus de 10 milliards de bénéfices depuis la fin 1999. Il craint que la manipulation des chiffres ne vise surtout à justifier un blocage des salaires et l'indemnisation des journées chômées.
L'avenir nous dira si ces craintes se révèlent exactes. Mais dans l'immédiat, Christian Streiff a une drôle de façon de remercier le chef de l'Etat et les contribuables français pour l'aide apportée à son groupe.
Au fait, PSA a fait savoir qu'un dividende serait versé à ses actionnaires au titre de l'année écoulée, en dépit des pertes réalisées par le groupe ! C'est édifiant.
Christian LEBLANC, Président de la fédération PRG du Territoire de Belfort