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Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale

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La Guadeloupe au bord de l'émeute

La Guadeloupe s'embrase, un syndicaliste tué par balle
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/la-guadeloupe-s-embrase-un-homme-tue-par-balles/920/0/318233

   La contestation a franchi un nouveau pas en Guadeloupe. Un homme d'une cinquantaine d'années a été tué par une balle, tirée "depuis un barrage tenu par des jeunes" dans la nuit de mardi à mercredi à Pointe-à-Pitre, a indiqué la cellule de crise de la préfecture de Guadeloupe. La victime, Jacques Bino, était "un syndicaliste qui revenait d'un meeting" à bord d'une voiture dans la cité Henri IV, une zone sensible du quartier Chanzy à Pointe-à-Pitre. Selon la préfecture, "ce n'est pas un mort lié aux forces de l'ordre". Son passager n'a pas été blessé, mais serait fortement choqué.

   C'est en accompagnant des pompiers venus aider ce syndicaliste que trois policiers ont été légèrement blessés dans la soirée, par des tirs de plombs, provenant "vraisemblablement d'une arme de chasse", a encore souligné un responsable de la cellule de crise. Les secours ont été prévenus vers 0 h 18 - 5 h 18 à Paris – de la présence d'une personne blessée par balle à bord d'un véhicule. Ce n'est qu'une fois le site "sécurisé", vers 2 h 50 (7 h 50 à Paris), qu'ils ont pu approcher de la victime, entre-temps décédée.

Six policiers blessés par balle

   Très discrète jusqu'à présent sur la question, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, a immédiatement annoncé qu'une réunion "consacrée à la sécurité publique aux Antilles" se tiendrait à 16 heures, heure de Paris, en présence d'"Yves Jégo, secrétaire d'État à l'outre-mer, Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, le général Roland Gilles, directeur général de la gendarmerie nationale et Éric Le Douaron, directeur central de la sécurité publique. "Cette réunion se tiendra désormais quotidiennement", a précisé le ministère.

   Outre ce décès, la cellule de crise de la préfecture a établi un bilan des affrontements de la nuit, recensant 15 commerces pillés, 7 établissements incendiés, 21 véhicules brûlés, 13 interpellations et une soixantaine d'interventions de pompiers. En tout, six fonctionnaires des forces de l'ordre ont été légèrement blessés par des tirs d'armes à feu. À Baie-Mahault, à 10 km de la capitale, de violentes échauffourées ont opposé une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles, selon le maire de la ville, Ary Chalus. Certains d'entre eux, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles, faisant trois blessés légers parmi les gendarmes. Au Bas-du-fort, dans la banlieue de Pointe-à-Pitre, des coups de fusil se sont fait entendre et des policiers en cherchaient la provenance. Les communes de Capesterre-Belle-Eau et de Saint-François sont également touchées.

"La Guadeloupe est une colonie"

   Face à cet embrasement, le "collectif contre l'exploitation" (LKP), qui mène la grève générale qui paralyse l'île et son activité économique depuis le 20 janvier, a déjà, mardi, en milieu de soirée, appelé au "calme" sur Radio Caraïbe International (RCI). "Ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger", a répété en créole aux jeunes sur RCI le leader charismatique du LKP, Élie Domota. "Ne répondez pas à la provocation", a-t-il insisté, demandant dans le même temps au préfet de "retirer ses gendarmes".     Vers 20 heures locales, sur RFO Télé-Guadeloupe, le chef du collectif syndical a appeléles manifestants à "laisser les gendarmes débarrer " et à "reconstituer les barrages après leur départ". Appelant aussi à "renforcer la mobilisation", il a alors insisté sur un point : "Plus il y a de Guadeloupéens sur les routes, plus Sarkozy, Fillon et consorts comprendront qu'il faut satisfaire nos revendications." Les requêtes du LKP portent notamment sur la cherté de la vie, dans des Antilles françaises où quasiment tout est importé, alors que le taux de chômage est le plus élevé de l'Union européenne et le PIB par tête deux fois inférieur à celui de la métropole.

Jeudi se tiendra une rencontre entre le chef de l'État, les parlementaires et les présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et de Martinique. Le conflit social a cristallisé un profond malaise autour des problèmes économiques et sociaux, sur un fond historique marqué par l'esclavage. "La Guadeloupe est une
colonie parce que dans un département français, jamais on n'aurait laissé pourrir la situation avant d'intervenir. Les Guadeloupéens sont traités avec le plus grand mépris", a déploré Élie Domota mercredi sur RTL . De son côté, la sénatrice UMP de Guadeloupe Lucette Michaux-Chevry a affirmé : "On n'a jamais vraiment eu un vrai débat pour enlever à ce ministère de l'Outre-mer, ce secrétariat d'État à l'outre-mer, son relent de ministère de la colonie.“

   Les Radicaux de gauche ne sauraient soutenir ni même cautionner par leur silence les exactions et les actes criminels qui sont le fait d'extrémistes, de provocateurs ou de groupes exaspérés. 
   Ils constatent cependant que les maladresses de M. Yves Jégo et le manque de réaction positive de M. Sarkozy et de son gouvernement ont largement contribué à cette situation dramatique.
   Pour sa part, le PRG 90 alerte, depuis plusieurs jours, ses concitoyens sur les dangers d'un pourrissement et il a dénoncé le statut "post-colonial" imposé aux populations d'Outre-Mer.
   Il exhorte le Président de la République et le Gouvernement à répondre au profond malaise des Antillais par des mesures sociales de grande ampleur susceptibles de rassurer les populations sur la volonté métropolitaine de rétablir des liens sociaux équitable et de ramener la paix civile dans ces départements français.

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