Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale
Une des entreprises françaises les plus prestigieuses au monde méprise son personnel et s'apprête à sacrifier ses secteurs les plus innovants sur l'autel du profit. Les employés s'insurgent et le collectif PRG de Belfort proteste :
« Le futur est notre quotidien », dit en ce moment la publicité que fait Alstom pour vanter les TGV, les métros ou les centrales construits dans le monde. Eh bien on espère que non !
Car le quotidien, dans l’usine, c’est toujours la crainte des licenciements, en particulier pour ceux du secteur MSA (Magnets and supraconductors) la filiale du groupe industriel Alstom spécialisée dans la fabrication et la commercialisation d’aimants et de fil supraconducteur.
Le seul fabriquant en France à avoir travaillé pour la physique des hautes énergies afin de réaliser notamment l’accélérateur de particules du conseil Européen pour le CERN à Genève (LHC) , à avoir travaillé pour la recherche sur la fusion thermonucléaire contrôlée dans le but de réaliser notamment l’un des plus grand projet mondiaux (ITER), dont l’objet est de produire une énergie ressemblant naturellement à celle proche au cœur du soleil, à avoir fabriqué plus de 500 aimants pour l’imagerie médicale par résonance magnétique (IRM), ce qui a permis de réaliser des images en coupe du cerveau humain, et aussi pour d’autres applications du système nerveux, à avoir travaillé sur la Spectroscopie par résonance magnétique nucléaire(SRMN) qui permet l’étude des protéines complexes de la structure du génome et la création des molécules pharmaceutiques nouvelles.
Toutes ces innovations, toutes les perspectives d’avenir sont remises en causes par les nouvelles orientations économiques du groupe.
Le quotidien dans l’usine ce sont aussi les salaires qui sont de plus en plus bas avec des moyennes d’augmentations de 2,4% alors que le taux d’inflation cette année est de 2,8%, et d’après l’INSEE, il a même atteint 3,6% l’été dernier.
Encore une fois, et comme toutes les années précédentes, les salaries ne sont pas augmentés suivant l’inflation.
Par contre entre 2000 et 2008, le pain a augmenté de 85%, le beurre de 66%, les pommes de terre de 1435%, le baril de pétrole de 396%, le lait de 183%. Les patrons du CAC 40 se sont augmentés de 40% pour atteindre un salaire de 6,175 millions d’euros. Le patron d’Alsthom n’est pas en reste : en s’octroyant une augmentation de 37% en 2006 puis de 10% en 2007, pour atteindre la modique somme de 3,465 millions d’euros. Par contre, le salaire moyen d’un salarié d’Alstom est de 1400 euros.
Le quotidien dans l’usine c’est aussi le stress et le harcèlement moral.
Le quotidien dans l’usine c’est aussi l’amiante, Alstom, le pollueur et l’empoisonneur, doit être le payeur. Lui seul doit être mis à contribution pour réparer les dégâts qu’il cause. Ce ce ne sont pas les salariés qui ont choisi d’être empoisonnés par l’amiante, c’est la direction d’Alstom, et elle seule, qui a choisi d’empoisonner des milliers de salariés afin de satisfaire des besoins de marchés alors qu’elle a continué son utilisation, connaissant parfaitement sa dangerosité. Il n’est pas normal que les salariés, en plus du risque d’être affectés physiquement, ne puissent pas obtenir un minimum de reconnaissance d’Alstom.
Nous devons refuser l’abandon d’une haute technologie française, qui a vu le jour dans les années 70 sur le site de Belfort, avec le soutien de Gérard Grunblatt. La ville de Belfort devrait être fière de compter dans ses murs l’un des fleurons de la technologie mondiale, car MSA était devenue, par la qualité de son travail, le premier fournisseur, totalisant à elle seule dans ce domaine plus de commandes que l’ensemble des autres constructeurs mondiaux réunis. Et nous devons exiger de l’entreprise qu’elle associe ses employés à ses succès technologiques et économiques en leur accordant un peu plus de considération et en leur permettant d’en partager justement les retombées financières.
Collectif PRG-ALSTOM BELFORT