Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale
En mars, le conseil municipal de Belfort souhaitait réinstaurer l'école le mercredi matin. Les parents sont contre.
12 conseils d'écoles de Belfort sur 14 ont voté contre le projet d'école le mercredi matin. Cette idée du maire MRC de la ville a été battue en brèche par et enseignants y compris dans les établissements classés en Zone d'Education Prioritaire pourtant visés par la mesure.
Pour Etienne Butzbach, "la suppression de l’école le samedi matin et l’instauration de la semaine de quatre jours ont imposé des modalités de fonctionnement de l’école publique qui ne tiennent pas compte des rythmes de l’enfant et sont préjudiciables à leur intérêt, notamment pour ceux d’entre eux qui sont le plus en difficulté".
Le maire de Belfort s'exprimait ainsi le 29 mars alors qu'il demandait au conseil municipal de voter pour que les écoles reprennent du service le samedi ou le mercredi matin.
élus contre 10 se disaient alors favorables à cette mesure et optaient pour la motion suivante : "Soucieuse du risque de voir se développer une école à plusieurs vitesses, et dans l’objectif de favoriser la réussite de tous les enfants, la Ville de Belfort souhaite engager la réflexion sur les rythmes scolaires dans les écoles belfortaines".
3 mois plus tard et après consultation de nombres d'acteurs, l'idée fait long feu et les opposants politiques se déchaînent sur leurs sites internet après "ce camouflet" selon Christophe Grudler (MoDem).
Pour sa part, Damien Meslot (UMP) considére que "la mise en place de cours le mercredi matin serait un recul et poserait beaucoup de soucis aux familles. C'est pourquoi nous exigeons l'organisation d'un référendum local, école par école, pour que chaque parent puisse s'exprimer".
En fait de difficultés, ce sont essentiellement les familles qui sont à l'aise dans la vie, qui peuvent partir en week-end ou n'ont aucun problème pour garder les enfants le mercredi ou le samedi matin, qui sont susceptibles d'en éprouver. Pour celles-ci, en effet, il pouvait paraître insupportable d'attendre le samedi midi pour rejoindre leur maison de campagne. Quant au mercredi, maman était à la maison, les grand-parents à proximité et, le cas échéant, les chèques emploi-service permettaient de pouvoir tout en offrant une déductibilité fiscale.
En ce qui concerne le gavage intellectuel de leur progéniture, aucun souci : dans ces familles-là, c'est bien connu, les enfants ont moins de problèmes scolaires que dans les autres, et si ce n'est pas le cas, on peut toujours recourir aux services d'un étudiant (chèque emploi service) ou d'une boîte de rattrapage...
Après ça, on s'étonnera que le niveau soit en baisse à l'entrée en sixième ou que celui des examens soit constamment réadapté à celui des élèves. Car c'est ainsi qu'on opère pour satisfaire aux statistiques à l'Education nationale.
J'ignore si la proposition du maire et du Conseil municipal de Belfort a fait l'objet d'une information sérieuse auprès des familles. D'ailleurs, ce ne sont probablement pas celles qui sont le plus intéressées qui sont le mieux représentées dans les Conseils d'écoles... Toujours est-il que ce n'est pas en réduisant le nombre des jours de classe qu'on oeuvrera dans le sens d'une plus grande réussite scolaire.
Christian LEBLANC