
Les Gosses de Paris, ce sont en fait les Petits Ecoliers Chantants de Bondy, chers à Jean Nohain ("des p'tits enfants français, qui font honneur à la chanson française... Enfin ça c'est le passé...), une des dernières chorales d'enfants qui résiste aux diverses vagues qui submergent la chanson.
Nés en 1946 de la volonté opiniâtre de M. Tribouilloy, jeune instituteur (à l'époque) à l'école du Mainguy, les Petits Ecoliers Chantants ont rapidement creusé leur place (modeste, mais tout de même) dans le monde de la chanson. Ils sont vite devenus en quelque sorte le pendant "laïc" des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Rien à voir avec l'ensemble vocal de Monseigneur Maillet (celui-ci travaillant quotidiennement au sein d'un pensionnat privé).
Les Petits Ecoliers ne pouvaient répéter que le jeudi et le samedi après-midi, c'est à dire quand il n'y avait plus classe.
Quelques "voix d'or" leur ont permis de se distinguer: de mémoire, Christian, Gérard et surtout Josiane, qui eut plus tard la malchance de tomber face à une certaine... Mireille, au Jeu de la Chance, dans les années soixante. Vous aurez reconnu la fameuse rivale...
Grâce à l'opiniâtreté de Roger Tribouilloy, cet instit épris de chant choral, les Petits Ecoliers ont séduit bon nombre de vedettes de la chanson, dont Sacha Distel, Yves Duteil et bien d'autres qui les ont sollicités pour accompagner leurs chansons.
Aujourd'hui, l'opiniâtreté demeure : c'est celle de Gilbert Oger, qui fut lui-même instituteur à Bondy, et d'Alain, le président actuel de la chorale.
Si je vous ai entretenus un peu sur ce choeur d'enfants, c'est que j'ai été moi-même élève à Bondy (Eh oui ! à l'époque, nos parents émigraient dans les régions qui offraient du travail). Dans la classe de CM2 de Roger Tribouilloy, j'ai appris plein de choses qui ouvrent l'esprit de gamins de 10 ans. Ce qui ne nous exonérait pas de remplir des pages de conjugaison... A l'époque, dans les banlieues, comme on dit aujourd'hui, c'était le patronnage de M. le Curé ou les activités laïques. Oh ! mes parents n'avaient pas de parti pris : caté le matin (j'en ai gardé pas mal de principes... humanistes) et chorale laïque l'après-midi.
De retour dans la région de ma famille, la région belfortaine, j'ai découvert avec bonheur que "ma" chorale venait chez nous tous les deux ans, sur l'invitation de Sylvain Dieterich. Voilà encore une personne opiniâtre ! Depuis des décennies, il honore la mémoire de son frère, assassiné du côté de Bavilliers. M. Dieterich est aujourd'hui un juriste... parisien, mais il demeure un enfant de Belfort. Exceptionnel : ce juriste est passé à côté d'une autre vocation, car il est un ténor hyperdoué.
Il nous le montrera ce soir
Sylvain Dietrerich + les Petits Ecoliers Chantants : une association magique !
Christian Leblanc