Actualité politique du Territoire de Belfort Cantonales 2011 Vie municipale
Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingts ans
Ne peuvent pas connaître...
En ce temps-là, si on voulait être instit, on entrait à l'Ecole Normale et si on voulait être prof, on passait les IPES en vue du CAPES. Les plus doués faisaient Normale Sup. Et tout ce monde touchait un "mini traitement" qui aidait à vivre et à financer les études pour ceux dont les parents n'en avaient pas bien les moyens.
En ce temps-là, l'Ecole maternelle française était donnée en exemple dans toute l'Europe, les gamins d'ouvriers (comme moi) avaient de "bons maîtres", qui poussaient les plus bosseurs et morigénaient les flemmards, on quittait l'école "élémentaire" en sachant lire, écrire et compter, on avait ensuite des profs compétents et passionnés qu'on écoutait puisque les parents vantaient leurs mérites à la maison et... doublaient nos punitions (quand on en avait)...
Dans les années 50, il n'était pas rare de trouver des CM en banlieue parisienne à 50 gamins, ce qui n'empêchait pas une grande majorité de passer en classe supérieure et même certains de "sauter" une classe. Et je fais référence ici à du vécu.
Certes tout le monde ne montait pas en 6ème, ni de surcroît au lycée, réservé à l'époque aux latinistes; on allait au cours complémentaire où des instits, qui avaient décroché tardivement une licence, avaient à coeur de rivaliser avec leurs collègues de la "filière noble". Et pour peu qu'on passe au lycée en cours de 1er cycle, on s'apercevait qu'on était au moins aussi bien formé que les copains qui y usaient leurs fonds de pantalons depuis la 6ème.
Et ce système fonctionnait bien... un peu élitiste certes, mais chaque môme trouvait son orientation et sa place - à sa place si j'ose dire -, ceux qui aimaient étudier pouvaient le faire, ceux qui avaient un esprit plus pratique et disposaient de qualités manuelles avaient droit à une formation en centre d'apprentissage ou au lycée technique (à partir de la 4ème) : la plupart de mes copains qui l'ont fait ont gagné leur vie au moins aussi bien que moi...
Et tout ça grâce à quoi ?
A l'Ecole Normale, école de l'excellence pour les futurs instituteurs qu'elle instruisait, mais aussi à qui elle apprenait à enseigner. Elle aussi était directive : pas de séances de dynamique de groupe, pas de pseudo recherche pédagogique laissée à la discrétion des élèves, mais de bonnes vieilles recettes et des stages pratiques qui faisaient en sorte que les maîtres étaient préparés à leur travail, le jour de leur première classe.
Par la suite, le pédago nouveau est arrivé (vous savez ? l'autogestionnaire)
Les Ecoles Normales ont été supprimées (et avec elles, les salaires des élèves instituteurs)
Savez-vous comment ça s'appelle ? De la démagogie.
Et qu'on ne me soupçonne pas d'être un affreux réactionnaire. En 68, j'ai pris ma part de contestation...
Pour conclure, la suppression de l'IUFM, qui a encore le mérite de prodiguer une vague formation pédagogique, ce sera à mon sens la mort de l'Ecole de la République, de l'Egalité des chances et de la Laïcité.
Le devoir des Radicaux est de s'opposer de toutes leurs forces au démantèlement de l'école laïque et de partir à l'assaut des pseudo réformes qui n'ont pour but que de démontrer un jour que l'enseignement dans la fonction publique est l'école de l'échec.
Christian LEBLANC, Président de la fédération PRG du Territoire-de-Belfort